Silvia était en route pour l'hôpital, dans quelques minutes elle allait savoir ce qu'elle avait. Elle arriva enfin sur le parking, stationna sa voiture et quitta le véhicule. Quelques gouttes de pluie commençaient à tomber. La belle brune verrouilla rapidement la portière avant de se précipite vers l'entrée principale de l'établissement. Elle prit l'ascenseur en face puis descendit au premier étage. La salle d'attente se trouvait non loin, à quelques mètres d'elle. Elle prit place sur l'une des chaises qui s'offraient à elle, et en moins de cinq minutes une jeune femme vêtue de blanc fit son apparition avant de s'adresser à Silvia.
La dame: Bonjour, débita-t-elle, vous avez rendez-vous avec le docteur Garcia ?
Silvia: Non, avec le docteur Aliprando, affirma-t-elle.
La dame: Patientez, il est en consultation. Votre nom ? Demanda-t-elle.
Silvia: Silvia Arenales.
La dame: Très bien dit-t-elle avec un sourire aimable, je prépare votre dossier.
Silvia patienta encore un quart d'heure avant que le docteur Aliprando ne fasse son apparition, Silvia se leva et le salua. Une fois dans son bureau, la belle brune prit place en face de lui.
Docteur Aliprando: Bon, j'ai vu et étudié les résultats ce midi, et... je vais être franc avec vous, déclara-t-il en regardant Silvia droit dans les yeux.
Cette dernière écoutait attentivement ce que lui disait le jeune homme. Son inquiétude ne faisait qu'augmenter à chaque phrase que ce dernier prononçait.
Docteur Aliprando: Une chose est sûre vous allez devoir arrêter la danse, et prendre plusieurs mois de repos.
A cette annonce Silvia se leva brusquement de sa chaise.
Silvia: Comment ?! Attendez.. vous.. vous.. non vous.. ne pouvez pas me demander ça, la danse c'est...
Docteur Aliprando: Je sais, votre métier vous passionne mais Silvia, ce n'est pas moi qui vous le demande, c'est votre c½ur, expliqua-t-il avec calme. Il faut vous en occuper dès maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Votre c½ur est très fatigué et il lui faut beaucoup de repos.
Silvia: Pour combien de temps ? Demanda-t-elle, toujours aussi inquiétée.
Docteur Aliprando: Le temps que vous ayez une greffe... je vous mettrai en priorité sur la liste d'attente, dès votre accord, déclara-t-il.
Silvia: Une greffe ?! L'interrogea-t-elle avec de grands yeux s'innondant de larmes.
Docteur Aliprando: Ne vous mettez pas dans un tel état, vous savez vous n'êtes pas la seule dans ce cas, beaucoup de personnes subissent des greffes et s'en sortent très bien, vous savez , il faut prendre la chose du bon côté, vous aurez un nouveau c½ur, un c½ur qui fonctionne bien, confia-t-il.
Silvia secoua la tête de droite à gauche pour attester son refus.
Docteur Aliprando: Vous savez aussi bien que moi que ce n'est pas raisonnable, vous tiendrez sûrement deux mois, voir six, mais votre c½ur finira par vous lâcher. Bon, je vais d'abord vous faire suivre un régime alimentaire, et ce dès ce soir, affirma-t-il. Surtout ne faites pas d'efforts intenses et bien sûr pas de boissons alcoolisées, plus de tabac poursuivit-t-il, bien entendu vous devrez [...]
L'esprit de Silvia était désormais ailleurs, il voguait loin, la belle brune ne l'écoutait plus, elle se demandait juste comment elle allait faire pour traverser une telle épreuve, des centaines de questions lui vinrent à l'esprit, Roberto, son travail, son avenir, son... soudain le Docteur Aliprando la retira de ses pensées.
Docteur Aliprando: Madame ?.. Madame ?
Silvia: Heu.. oui je vous écoute. Débita-t-elle en levant la tête, l'air un peu perdue.
Docteur Aliprando: Je vais vous mettre tout cela par écrit, et je vais également vous prescrire un arrêt maladie de quatre mois pour commencer et nous prolongerons cette période en cas de besoin, annonça-t-il.
Silvia acquiesça.
Docteur Aliprando: Vous devriez prévenir vos proches, vous allez avoir besoin de soutien pour traverser cette épreuve. Et je vous conseille de quitter la ville pour quelques semaines. Le stress n'est vraiment pas bon pour vous, et Dieu sait qu'il y en a à Madrid.
Docteur Aliprando: Rassurez-vous, tout va bien se passer, faites moi confiance, si vous faites ce que je vous demande, tout se passera bien, assura-t-il.
Silvia l'observait mais ne répondait pas. Elle se contenta d'acquiesçer d'un geste de la tête.
Docteur Aliprando: Bon hé bien, si vous avez des questions n'hésitez pas et vous avez mon numéro en cas de besoin, je vous appellerai dès que votre greffe sera prête, l'informa-t-il.
Le docteur prit le temps de rassurer Silvia, se leva, et la dirigea vers la sortie.
Centre ville de Madrid, 18h21
Silvia se trouvait en face de l'immeuble où logeait Ingrid, non pas pour l'emmener à la soirée d'Alicia mais plutôt parce qu'elle avait besoin de quelqu'un à qui se confier après l'annonce qu'elle venait d'apprendre. Elle mit plusieurs minutes à trouver une place où stationner, et arriva enfin en face de l'interphone. La belle brune appuya sur le bouton situé tout près de l'inscription lumineuse "De Miguel". Ingrid répondit et ouvrit la porte à son amie. Silvia prit l'ascenseur et s'avança devant une porte en bois avant que la belle rousse ne la fasse entrer.
Ingrid: Ca ne va pas ? Demanda-t-elle, t'as l'air toute triste. Viens... dit-t-elle.
Silvia: Merci.
Silvia s'assit près du bar de la cuisine pendant qu'Ingrid, préparait un café.
Ingrid avait deviné que la visite médicale dont lui avait parlé Silvia ce midi, s'était mal passée. Elle mit en marche la cafetière et se plaça en face de son amie.
Ingrid: Alors ? Demanda-t-elle avant que Silvia ne prenne un air grave.
Silvia: J'ai besoin d'une greffe, annonça-t-elle.
Ingrid: Une greffe ?! S'étonna son amie, c'est si grave que ça ? L'interrogea-t-elle d'un air sérieux
Silvia: Oui, et j'arrête de travailler pour les mois à venir l'informa-t-elle... J'ai peur, avoua-t-elle prête à laisser couler ses larmes.
Ingrid s'approcha de son amie et la prit dans les bras.
Ingrid: Ca va aller Silvia, rassure toi, tout ira bien, j'en suis certaine.
Silvia: Merci Ingrid, je sais pas ce que je ferais sans toi, avoua-t-elle après un léger reniflement.
Ingrid: C'est fait pour ça les amis ! Dit-elle en souriant. Allez sèches tes larmes. Et n'y pense plus, ça va te rendre encore plus malade.
Silvia: Oui lui dit-t-elle, l'air peu convaincue.
Ingrid et Silvia passèrent donc la soirée toutes les deux, et avec ce que venait de lui annoncer Silvia, Ingrid aussi avait totalement oublié la soirée qu'organisait Alicia au même moment.
A 22h00 la belle madrilène rentra chez elle. Elle franchit le pas de la porte, au téléphone avec Alicia qui ne manqua pas de l'appeler pour avoir des explications.
Alicia: Non Silvia, si tu ne voulais pas venir il fallait me le dire, j'aurais très bien compris, seulement je n'aime pas que l'on se paie ma tête.
Silvia: Alicia excuse moi, je comptais vraiment y venir à la soirée seulement ça m'est complètement sorti de l'esprit, j'ai eut...
Alicia: J'ai parlé de toi à beaucoup de personnes l'interrompit-t-elle, je n'ai cessé de leur faire ton éloge, je comptai te les présenter, je suis vraiment déçue de ton attitude, lâcha-t-elle.
Silvia: Bon, je t'ai dis que j'étais désolée, alors on va pas en faire toute une histoire. Maintenant si ça, t'es incapable de le comprendre, c'est pas mon problème ! S'énerva-t-elle.
Le jeune femme raccrocha au nez de sa tante puis déposa ses affaires près de l'entrée, exténuée par Alicia. Cette conversation l'avait vraiment mise de mauvaise humeur, décidément ce n'était vraiment pas sa journée.
Elle passa ses mains sur son visage lorsqu'elle entendit des bruits provenant de la cuisine.
Silvia: Roberto ?
Silvia: Roberto c'est toi ? Répéta-t-elle en s'avançant doucement vers la cuisine.
Soudain, Roberto l'effraya pour lui faire une blague... de mauvais goût, ce qui ne manqua pas de faire sursauter Silvia.
Silvia: Ne refais plus jamais ça, débita-elle essoufflée.
Le jeune homme s'approcha de Silvia et la prit tendrement dans ses bras.
Roberto: Tu m'a manqué, souffla-t-il, en prenant son visage entre ses mains, et s'apprêtant à l'embrasser.
Seulement Silvia retira sans plus attendre les mains de son époux et prit la direction du salon qui communiquait avec la cuisine pour regagner l'escalier.
Roberto: Silvia ! L'interpella-t-il en tentant de la retenir par son bras.
Silvia: Laisse moi Roberto, dit-t-elle, alors que quelques perles salées coulaient sur ses joues.
Roberto: Qu'est ce que t'as Silvia ? S'étonna-t-il.
Silvia: Rien, je suis épuisée je veux aller dormir, répondit-t-elle.
Roberto: Silvia dis moi ce que tu as, insista-t-il.
Silvia: Je suis fatiguée, je suis fatiguée, fatiguée, tu sais ce que ça veut dire ?! S'exclama-t-elle entre deux sanglots.
Roberto surprit par la réaction de son épouse, lâcha son emprise sur elle et la laissa s'en aller. Il l'observa disparaitre de son champ de vision un moment, puis soupira.
Le lendemain, Roberto se leva à 10h, il ne travaillait pas, son père lui avait exceptionnellement accordé un jour de repos, étant donné qu'il n'avait pas vraiment profité de son jour de repos habituel la veille. Il ouvrit les yeux et ne rencontra qu'une place vide à ses côtés. Avant de prendre sa douche et de s'habiller il descendit d'abord au rez de chaussée. Silvia, ne se trouvait pas en bas non plus. La beau brun soupira, il voulait absolument voir Silvia pour lui parler, surtout après son étrange réaction de la veille. Il se demandait où est-ce-qu'elle pouvait être, et soudain il se rappela qu'aujourd'hui était le jour de reprise des cours à l'école d'Alicia.
Madrid centre, 10h30, École Alicia Sanchez..
Tôt dans la matinée Silvia s'était rendu à l'école de sa tante pour lui annoncer son arrêt maladie, et la greffe qu'elle allait subir.
Alicia: Excuse moi Silvia, je ne pouvais pas m'en douter. Comment te sens-tu ? Demanda-t-elle.
Silvia: Ca peu aller, affirma-t-elle.
Alicia: Roberto est au courant ? S'interrogea-t-elle.
Silvia: Non, pas encore, déclara-t-elle.
Alicia: Tu ne comptes pas le lui dire ? demanda-t-elle d'un regard insistant.
Silvia: Si si, enfin je crois, répondit-t-elle d'une voix hésitante.
Alicia: Qu'est ce qui t'en empêcherais ?
Silvia: Il faut que je trouve le bon moment, je veux le préparer. Ca va être dur expliqua-t-elle, je vais subir des traitements et ça ne sera pas facile tout les jours.
Alicia: Saches que si tu as besoin de moi je serai là, et pour ton arrêt maladie, ne t'inquiètes pas la rassura-t-elle, prend autant de temps qu'il te faudra. Je trouverai une remplaçante.
Silvia: Merci Alicia, souffla-t-elle.
Alicia: Tu restes pour midi ? On pourra manger toutes les deux à la cafétéria de l'école, proposa-t-elle à sa nièce.
Silvia: D'accord.
Alicia: Je serais dans mon bureau ou dans la salle des professeurs, l'informa-t-elle.
Silvia acquiesça.
Silvia: S'il te plait n'en parle à personne, il n'y a qu'Ingrid qui est au courant pour le moment, confia-t-elle.
Alicia: Compte sur moi, dit-t-elle d'un sourire rassurant.
Le téléphone posé sur le bureau sonna en même temps que la sonnerie qui annonçait la pause.
Alicia: Excuse moi, débita-t-elle avant de décrocher.
Silvia se leva de chaise et lui fit un signe de la main pour lui signaler son départ. Elle avait l'intention de passer voir Ingrid qui devait certainement se trouver dans la salle des professeurs. La belle brune ouvrit la porte du bureau et à quelques mètres d'elle, se trouvait Roberto, accoudé à la balustrade attendant certainement que Silvia termine sa conversation avec Alicia.
Roberto: Silvia ! L'interpella-t-il alors que cette dernière quittait le bureau de sa tante.
Silvia se retourna et trouva Roberto en face d'elle.
Silvia: Qu'est ce que tu fais là ? S'étonna-t-elle sans même lui adresser un bonjour.
Roberto: Je travaille pas aujourd'hui, je voulais te voir, il faut que je te parle, confia-t-il.
Silvia: J't'écoute, répondit-elle tout en marchant.
Roberto: Silvia, arrêtes toi deux minutes la supplia-t-il.
Silvia s'arrêta donc et le regarda dans les yeux.
Roberto: On pourrait pas manger ensemble ce midi ? Proposa-t-il, il faut qu'on parle.
Silvia: Je déjeune avec Alicia, l'informa-t-elle.
Roberto: Tu ne peux pas lui dire de...
Silvia: Non Roberto, je mange avec ma tante, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu. Mais si tu trouves une place pour moi dans ton agenda, je pense que ça pourrait se faire.
Silvia laissa Roberto seul, au milieu de l'allée et se dirigea vers la salle des professeurs. Le jeune madrilène ne comprenait vraiment pas la réaction de Silvia et depuis la veille, elle avait adopté un comportement assez étrange.
La soleil se couchait sur Madrid. Silvia avait passé toute la journée à l'école, elle avait déjeuner comme prévu avec Alicia. Le reste du temps, elle était passé voir ses collègues afin de leur dire "Au revoir", et également ses élèves qu'elle appréciait beaucoup, mais dont elle du esquiver quelques questions, surtout à propos des raisons de son départ. Globalement ce fut une belle journée pour Silvia. Vers 20h00, Alicia lui proposa de passer chez elle, celle-ci ne refusa pas l'invitation. Ce ne fut qu'aux alentours de minuit qu'elle quitta la maison d'Alicia pour regagner la sienne.
Roberto l'attendait dans le salon, lorsqu'il entendit le bruit de la porte s'ouvrir, il se leva et se dirigea vers l'entrée.
Roberto: Tu aurais pu m'appeler pour me dire que tu rentrerais tard, dit-t-il en observant son épouse.
Silvia: Bonsoir Roberto, répondit-t-elle.
Roberto: Je t'ai attendu toute la soirée, je me suis inquiété, enchaîna-t-il pendant que celle-ci retirait sa veste.
Silvia: Toi tu m'appelles peut-être pour me prévenir de l'heure à laquelle tu vas rentrer, surtout que depuis que tu travailles chez ton père, tu rentres toujours tard le soir, alors ne viens pas me reprocher ce que toi même tu fais lâcha-t-elle sur un ton assez désagréable.
Roberto: Pourquoi tu t'énerves ?! S'exclama-t-il.
Silvia: Je ne m'énerve pas, c'est toi qui crie là.
Roberto: Bon je vais dormir, j'ai vraiment pas envie de me disputer avec toi, répondit-t-il avant de s'en aller.
Silvia: Oui c'est ça.
Le jeune homme agaçé grimpa l'escalier et entra dans la chambre à coucher, Silvia le rejoignit aussitôt. Elle retira ses bracelets dans le silence, et les posa sur sa table de chevet. Roberto lui, se déshabilla, et s'allongea sur son lit sans prononcer un mot, il tourna le dos à Silvia, puis éteignit la lampe qui se trouvait près de lui avant de fermer les yeux.